ManEater

Je suis de 1976, un an après la sortie de ce qui est sans doute bien placé dans le top 10 des œuvres cinématographiques les plus cultes, je parle bien sûr de Jaws, connu en France comme Les dents de la mer.

J'ai d'abord cru que le jeu qui nous intéresse aujourd'hui nous permettrait de refaire le film à notre sauce et si ce n'est pas complètement faux, ce n'est pas complètement vrai non plus.

Un fameux requin

Déjà, contrairement au film, on ne jouera pas un requin blanc mais un requin bouledogue. Rassurez-vous, l'horreur sera bien là mais surtout, tel un Infamous sous l'eau, notre requin semble tout disposé à bénéficier de mutations génétiques. Pas d'explications scénaristiques, ou du moins, peut-être les différents endroits pollués qu'on visite en début de jeu, mais ca permet de vraiment personnaliser sa bête.
Trois mutations principales sont disponibles réparties sur les 5 emplacements du corps de notre animal que l'on pourra faire évoluer partie par partie au fur et à mesure que l'on accomplira des missions plus ou moins répétitives comme n'importe quel open-world à checkpoint du genre depuis 10/15 ans.
Des mutations moins importantes passives viendront s'ajouter à ça.

La maniabilité surprise

Les jeux dans l'eau ou les jeux proposant des passages dans l'eau, c'est plutôt chiant souvent non ? Enfin je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi c'est rarement une partie qui m'éclate.
Blindside, le développeur du jeu, a passé sans soucis le premier cap, celui qui à mon avis était le plus dur, dès le départ, on prend plaisir à manoeuvrer la bête, les déplacements sont fluides, les diverses possibilités de mouvement, d'accélération, d'esquive, etc. s'apprennent très vite et c'est vraiment un plaisir de naviguer avec notre bête.
C'était vraiment là où j'attendais le jeu au tournant et c'est une bonne surprise, j'avais déjà lu des retours positifs là dessus, mais là, manette en main, c'est un régal.
La caméra est perfectible, c'est parfois difficile de suivre un ennemi des yeux, mais le jeu propose un recentrage automatique en appuyant sur R3 et du coup en martelant R3 on finira par s'en sortir assez bien.
Parfois on se dit qu'un lock aurait pu être bienvenu mais en même temps, ça aurait surement rendu fou la caméra (comme dans un Dark Souls contre un ennemi un peu trop vif)

La répétitivité

Man Eater dispose donc d'un scénario prétexte, mais au moins il est là, c'est bête à dire mais en fait, on se rend rapidement compte que les développeurs n'ont pas voulu se contenter d'un sandbox, on a un scénario très léger, de journalistes de télé-réalité (journaliste ? vraiment ?) qui suivent la vie d'un chasseur de requin. Ca c'est pour les quelques cinématiques du jeu, mais même lorsque vous êtes un requin, il y a un narrateur qui place quelques phrases sympathiques par ci par là. Malheureusement, pas de VF et les sous-titres sont vraiment petits, dommage mais courant pour un jeu qui d'office par son concept et son prix ne se présente pas comme un AAA.
Mais toute l'histoire englobante ne sera globalement que prétexte, comme souvent, à grinder. Mais quand le grind signifie dévorer tout ce qui passe, c'est peut être plus cool que prévu en fait.

Je dois avouer que j'ai apprécié ça, durant les 16 heures qu'ont duré l'aventure, aidé par la carotte de faire évoluer son monstre, aidé par la maniabilité surprenante de confort même si la caméra devient un peu délicate quand plusieurs ennemis sont présents (le clic du stick droit cible le prédateur le plus proche, pas forcément celui que vous voudriez), c'est quand même une expérience ludique originale et dont le seul rapprochement que j'arrive à faire concerne Deadly Creatures (il y a un paquet d'années maintenant) qui offrait de nous faire jouer une créature pas banale.

Je serais sans doute moins tolérant si les jeux du genre étaient plus présents, mais là, je ne peux que reconnaître que le jeu m'a proposé une expérience originale et bien réalisé.

Globalement, mon seul regret a été de ne pas pouvoir me jeter sur des femmes avec poussette et dans l'eau, de ne pas avoir croisé de dauphin.

La technique

Techniquement sur PC, le jeu est plutôt joli, je n'ai pas eu de bug majeur à part un crash pur et simple, rien de méchant, on relance et ça repars, je n'ai pas souffert de glitch ou autre et niveau framerate, rien à signaler, un ralentissement marquant sur toute ma partie et c'était peut être à cause du fait que quand je joue je ne coupe pas tout ce qu'il y a en arrière plan (machines virtuels, navigateurs, etc.). Bref, du plutôt bon boulot sur PC, aucune idée des versions consoles.

Conclusion

7TripWire et Blindside, avec Man Eater, partaient d'un concept plutôt original, plutôt casse gueule et malgré tout sont parti sur un vrai jeu, avec une (petite) narration, un petit coté RPG qui offre une bonne carotte, mais surtout, de bonnes sensations manette en main, il faut juste avoir conscience que comme beaucoup d'open-world à checkpoint de ces dernières années, la tolérance a la répétitivité dépendra de votre appréciation de l'action qui vous répéterez. De mon coté, j'ai adoré.


Publié le 11 Juillet 2020 à 16:00 par WinterOfTheWolf
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