Link's Awakening 2019

Ce mois d'octobre est un mois exceptionnel. Il va enfin permettre aux profanes comme moi qui n'ont pas eu le luxe d'apprécier Link's Awakening à sa sortie sur Gameboy de pouvoir découvrir un Zelda qui est souvent cité comme une référence. On va enfin pouvoir apprécier si le coté référentiel du jeu est justifié ou si la nostalgie a beaucoup joué sur son statut de jeu culte.
Pour l'anecdote, j'ai bien eu une Gameboy Color (je l'ai toujours d'ailleurs même si je ne l'ai pas allumé depuis au moins 15 ans), mais LA ne fait pas parti des jeux que j'ai dessus.

Ca démarre mal

Avant même sa disponibilité en magasin (ou sur l'eshop), plusieurs mini polémiques entourent sa sortie, ça commence mal pour lui.
D'abord, citons une direction artistique qui divise. Certains reprochent au jeu de ne pas retranscrire la même ambiance que l'époque Gameboy. Sauf qu'il suffit de ressortir les screens du jeu de l'époque pour se rendre compte que pour y trouver une ambiance particulière, il fallait combler les trous grâce à l'imagination et certains ont visiblement du mal à accepter que Nintendo n'ait pas comblé les trous avec ce qu'ils avaient eux imaginé. Parce que bon, soyons francs, la première itération du jeu sur GameBoy ne ressemble pas à grand chose, parler d'ambiance particulière sur ces quelques pixels noirs représentants des sprites riquiquis se battant sur l'écran gris de la GameBoy, c'est un peu exagéré. Dans le contexte de l'époque, c'était sans doute pas si mal, mais heureusement que l'imagination faisait le reste.

Deuxième mini-polémique, le framerate est souffreteux, régulièrement, changements de zones et ennemis se multipliant, les FPS passent de 60 à 30fps.
Ce qui est incompréhensible, c'est que tout le monde (ou presque) n'aurait rien dit si le jeu avait été tout simplement verrouillé à 30fps. Pour de nombreux joueurs, la stabilité est bien plus importante que de se dire qu'à 80% du temps le jeu tourne à 60fps.
Après, personnellement, je ne peux pas dire que ça m'a handicapé en jeu, j'ai bien ressenti ces ralentissements mais je n'ai pas trouvé ça dramatique. Dans un premier temps, j'ai surtout été surpris de voir que Link est limité à 8 directions, l'analogie du stick ne servant à rien, surement dans l'intérêt de rester fidèle à l'original.

Enfin, dernière mini-polémique, le prix. Le jeu sort officiellement à 59,99€, enfin, il n'y a en France pas de prix officiel théoriquement, officieusement, il suffit de regarder le prix eshop, le fait que ça soit officieux, c'est un peu du vent pour rester droit au niveau de la loi du marché Français.
Sur ce dernier point, je suis d'accord malheureusement, nous verrons pourquoi plus tard.

Le soucis de la nostalgie

Depuis ma découverte sur le tard de la licence Zelda, LA est vraiment un jeu qui revient souvent dans les conversations sur la licence. Il n'est pas rare de le voir citer comme le meilleur épisode de la licence.
Pourtant, après cette partie, je dois avouer que... je ne comprend pas pourquoi.
Autant, dans le genre nostalgique, même si j'ai eu du mal à accrocher avec Majora's Mask, j'arrive sans trop de problème à comprendre pourquoi il est devenu culte et a marqué bon nombre de joueurs. Le principe du voyage dans le temps, l'ambiance particulière (oui là on peut commencer à parler de vraie ambiance), des quêtes avec certains PNJ qui durent longtemps, qui nous obligent à nous investir, qui nous forcent à comprendre comment réfléchissent les PNJ, des tas de situations et d'occasions de nous attacher à ces PNJ, etc. Tout ce que vous ne trouverez pas dans ce Link's Awakening dont les PNJ sont vraiment incrustés dans le décors à 2/3 lignes de dialogue prêt. Le jeu souffrant profondément du manque d'implication du joueur dans ce monde.

Les bases de Zelda.

Link's Awakening démarre donc par une chouette cinématique qui nous fait comprendre que nous sommes Link, sur un bateau. Après un éclair nous tombons à l'eau et nous nous réveillons sur une plage, en compagnie de Marine, une petite jeune fille qui a l'air sympathique, toute choupinou avec cette nouvelle direction artistique.

Après tant de louanges sur ce LA, je m'attendais à vivre plein de choses avec cette petite Marine. Sortant d'un jeu Gameboy, je ne m'attendais évidemment pas à des cinématiques mise en scène (encore qu'après la superbe intro, même sur Gameboy via Youtube...), mais je m'attendais au moins à de nombreux dialogues, de nombreuses missions annexes ou autre. Rien de tout ça. A part une scène de joli coucher de soleil, les interactions se résumeront au minimum.

La base, on a dit la base

A coté de ça, on a un Zelda plutôt minimaliste. On discute avec quelques PNJ, un hibou débarque pour nous dire que si on veut s'en sortir, il faut réveiller le poisson rêve à l'aide de 8 instruments de musique et on part donc à l'aventure pour les chercher.

On se promène donc sur une île pas très grande mais possédant son lot de secret "Metroïdesque" qu'on voit venir de loin. Des endroits auxquels on accédera lorsque l'on aura récupéré plus tard l'item qui va bien.

On finit par trouver des donjons, plutôt réussi, sans doute génial en 1993 mais aujourd'hui sans forcément grand génie. Attention, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, ils sont réussis, certains passages sont même plutôt originaux comme les quelques rares tableaux en vue de profil façon Mario.
Et pourtant, je ne suis pas un habitué lassé des Zelda 2D, je n'ai jamais réussi à tenir plus que quelques heures sur un Zelda 2D à part A Link Between World... et justement, après A Link Between World, Link's Awakening prend un sérieux coup de vieux niveau Zelda "2.5D". Je le trouve beaucoup plus joli, plus fin (normal vu le hardware sur lequel il tourne), mais beaucoup moins audacieux et il lui manque justement ces moments de ALBW qui me faisait me dire manette en main "putain mais ça c'est génial".
Ce LA ressemble au peu de temps que j'ai déjà passé sur A Link To The Past ou Minish Cap. Bien sûr il y a quelques différences mais rien de fondamental.

Au niveau des choses sympathiques, citons le jeu à pince, perso, j'adore ça, ça me rappelle quand j'étais gosse et ce genre de machine fonctionnant à base de pièce de 1 franc ou je pouvais y passer des heures.
Enfin, la possibilité de sauter qu'on acquiert rapidement dans l'aventure (je ne spoile pas, c'est dans tous les trailers depuis le premier) apporte une fraîcheur bienvenue et certains passages de type plateforme sont intéressants.

Au final, c'est "juste" un bon Zelda, c'est déjà pas mal, mais le jeu souffre malheureusement en ce qui me concerne d'années à entendre que c'était un jeu culte, le meilleur Zelda et autres superlatifs le concernant. Je cherchais le petit truc qui me ferait dire "ha oui bon, c'était vrai" et je ne vois toujours pas.

C'est moi le boss du donjon

Signalons la nouveauté de cette version Switch, un début, de loin, de Zelda Maker avec la possibilité de faire ses propres donjons.
C'est plutôt sympathique, on choisit des cases parmi les donjons qu'on a déjà parcourus ou d'autres cases qu'on débloque autrement (quête annexes, achat au magasin, etc.).
Si l'idée est intéressante, nous permettant de ré-affronter quelques minis boss sympathiques, l'intérêt est vite limité vu qu'on ne peut être récompensé par des coeurs en fin de donjons ou de nouveaux items indispensables, motivation première pour les donjons en temps normal.

Conclusion

7On ne pourra jamais revenir en 1993 pour savoir pourquoi ce Zelda a marqué tant de joueurs. J'ai du mal à voir dans les quelques lignes de dialogues de PNJ qui ont l'air de n'en avoir rien à faire de nous de quoi générer un attachement émotionnel fort. En l'état, si c'est la première fois qu'on y joue comme moi, c'est un bon jeu mais qui manque de génie en 2019 passé après tous les grands Zelda épiques en vue à la troisième personne et aux donjons géniaux et leurs énigmes en 3D qui vont avec. Sans parler de la durée de vie bien faible toujours en comparaison. Si vous avez une 3DS et que vous voulez un bon Zelda 2.5D, je recommanderais largement plus A Link Between World voir les épisodes DS via la rétrocompatibilité.

Retrouvez l'avis de Saram du jeu original.

Publié le 11 Novembre 2019 à 12:00 par WinterOfTheWolf
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