Xenoblade Chronicles 2

Je ne suis pas un expert en JRPG, même en étant joueur depuis plus de 35 ans, j'ai complètement zappé RPG, JRPG et autre quand j'étais gamin. Je n'ai fait qu'un seul Dragon Quest, 2 Final Fantasy et quelques autres JRPG par ci par là (je ne compte pas les ARPG Japonais à la DarkSoul's ou Dragon's Dogma comme des JRPG) dont le fameux premier Xenoblade Chronicles qui est clairement un de mes jeux préférés de la génération précédente (même si c'est difficile de dire ça en fait vu que c'était il y a deux consoles Nintendo de salon depuis), le deuxième épisode (que nous appellerons X dans l'article pour abréger) ne m'a presque pas moins marqué, l'environnement extraordinaire, la possibilité jamais vu avant ni depuis en ce qui me concerne de visiter un monde immense, magnifique et avoir ces trois niveaux de lecture (à pied, puis en mecha, puis en volant) qui prennent leur temps de se mettre en place pour qu'on apprécie bien le changement mais qui se loupait un peu sur l'histoire, le scénario et surtout, sur la fin dont je n'en dirais pas plus pour ne pas spoiler, mais qui n'est pas à mon goût dira-t-on alors que c'était un des points forts du premier.
L'annonce de Xenoblade Chronicles 2 aurait du m'enchanter, mais bizarrement pas plus que ça. Les premières vidéos montrent un net recul au niveau de la technique, comme si après l'épisode X ils étaient revenus sur un épisode "128bits" mais en full HD avec des personnages à l'esthétique très manga. Les premiers retours critiques presses et joueurs m'ont pas mal refroidis également. C'est ce qui fait que j'ai été si tardif à me laisser tenter au final.

Xenoboob's

On va tout de suite virer la petite polémique qui a suivi la sortie du jeu : les poitrines généreuses. Je suis désolé si un Social Justice Warrior passe par là, mais moi ça ne me dérange pas. Je n'ai pas plus de problème à voir des personnages féminins de jeu vidéo à fortes poitrines qu'à voir un défilé de beaux gosses taillés comme si tout le monde allait à la salle entre deux tentatives de conquête ou de sauvetage du monde. Au contraire, je trouve ça plutôt sympa visuellement en fait et encore plus à notre époque où sort au cinéma une Lara Croft n'hésitant pas à s'afficher avec un 85 A pour pas froisser le politiquement correct n'osant plus assumer l'iconographie qui l'a rendu célèbre et sans doute en vieux con, ça m'exaspère.

L'histoire

Vous êtes dans un monde nommé Alrest, composé en apparence d'une mer de nuages plus ou moins solides, sur ces nuages, des plus ou moins grosses bêtes nommés Titan (dont la taille va du chat à celle d'un petit continent) se prélassent comme dans un bain et ils y sont tellement bien que la nature s'est développé dessus et que l'homme s'y ait installé.
Parfois ils meurent ces titans, alors il faut évacués et malheureusement, il y a de moins en moins de titans "continent", du coup on sent la fin du monde approché.
Heureusement, il y a peut-être une solution, un immense arbre nommé l'arbre monde dont les légendes racontent qu'en son plus haut point se trouve une terre immense où pourraient vivre tous les hommes. Les légendes racontent d'ailleurs que c'est de là que viennent les hommes qui en ont été chassés par l'architecte, une espèce de dieu, qui par pitié leur envoya ensuite les titans pour pas qu'ils se noient.

De ces titans on peut aussi extraire les cristaux cœurs, des espèces de cristaux qui sous certaines conditions s'éveillent en lames, des espèces de robots plus ou moins humains. Pour s'éveiller, il faut que les cristaux soient touchés par un humain ayant la capacité d'avoir ses propres lames. Les lames deviennent alors leurs toutous en plus bavard et en plus utile aussi car chaque pilote se voit aidé par sa lame qui d'une part lui confère une arme et en combat soutient son pilote en lui conférant différents pouvoirs.

Vous, dans le jeu, vous êtes Rex, un récupérateur, un gars en combinaison de plongé qui passe son temps à scruter le fond des océans (de nuages donc) pour essayer d'y récupérer des trucs à vendre, une sorte de Kevin Costner dans Waterworld.

Un jour au cours d'une mission, vous touchez par mégarde un cristal coeur, comme vous êtes un veinard, ce n'est pas un cristal coeur lambda mais d'une super lame légendaire qui vous demande si vous voulez bien l'emmener en haut de l'arbre monde et comme un bon toutou (vous vous appelez Rex après tout) vous acceptez.

A partir de là, l'histoire commence et ma foi... J'ai adoré. On est vraiment dans du classique JRPG (oui, même si je ne suis pas un expert, ça m'a suffit pour constater les grandes lignes communes), mais selon moi en réussi. Cette longue histoire contiendra un peu de politique, mais juste de quoi donner un peu de profondeur, pas de grandes complexités inutiles pour tenter de donner une impression de background complexe (coucou FF XII), on échappera pas au "méchant pas si méchant que ça finalement" mais dans des proportions raisonnables de façon à ce que ça ne devienne pas trop niais (coucou Nino Ku Ni 2). Le jeu est blindé de scènes shonen particulièrement réussies, les amateurs comme moi, de renversement de situation parce que le héros, à terre et à l'agonie, se rappelle qu'il a donné sa parole alors il va s'énerver encore plus et retourner la situation, il ne manque plus que les cheveux qui se redressent et deviennent jaune par moment... encore que.

Attention, Rex n'a qu'une parole alors il va devoir se facher.

Le gameplay

Entre ses cinématiques nombreuses, car le jeu est assez bavard, mais pas trop non plus, on parcourt donc un énième monde ouvert peaufiné par Monolith Software et c'est, comme d'habitude avec le studio, une franche réussite. C'est instancié par Titan, mais c'est immense, varié, intéressant à explorer, pas de déception à craindre de ce coté là, sauf peut-être le fait d'une perte de souplesse dans les déplacements de nos personnages par rapport à X et aussi parce que le jeu n'offrira pas plusieurs niveaux de lecture toujours par rapport à X.

On retrouve en revanche à l'instar du premier jeu cette fascination lorsque l'on se rappelle que l'on est sur (ou dans) un immense être vivant que l'on peut parfois apercevoir bouger au loin.

La perspective de se déplacer sur d'immenses créatures a quelque chose de fascinant.

En explorant, on n'évitera pas les multiples combats, on est dans un RPG tout de même, il faut bien farmer un peu. Et c'est peut-être le plus gros reproche que je ferais au jeu.
D'une part, je me rend compte que les combats temps réels ce n'est plus forcément autant mon dada qu'avant, d'autre part, je les ai trouvé particulièrement long dans le jeu. Alors oui, il y a tout un tas de mécanique complexe à base d’enchaînements de pilotes, de lames, de combos, d'arts, etc. le tout à base de cooldown, mais les attaques automatiques de base chatouillent vraiment les ennemis, même ceux étant beaucoup plus bas que vous en niveau.
Cela rend le farm assez fastidieux. Ce n'est pas dramatique niveau farm car le jeu ne m'a pas semblé en exiger beaucoup, la montée en niveau étant assez équilibré, mais c'est plus délicat en exploration quand les ennemis vous attaquent alors que vous n'aviez pas envie de rester bloquer à tel endroit plusieurs minutes parce que trois mouches n'aiment pas votre tête. Vous pouvez bien sur rengainer et fuir, mais impossible de ramasser les collectibles ou d'ouvrir les coffres du coin tant que les monstres vous ciblent.

Mes runs du premier ou de X sont assez loins, mais je n'ai pas souvenir que ça m'ai parfois paru fastidieux comme ça a pu arriver sur ce jeu ou chaque mob est aussi long que les monstres uniques des anciens épisodes. Le système de combat rajoute couche sur couche de complexité pour accélérer l'issue mais semble avoir inutilement atténué l'efficacité des attaques automatiques pour justifier leur utilisation.
Alors qu'au final, à niveau égal, si vous avez une équipe homogène, attaquant, tank et healer, la plupart du temps, vous pouvez lâcher la manette et le mob finira par se faire tuer, j'ai testé. Ça fonctionnait aussi sur les anciens épisodes, mais c'était beaucoup moins longs de mémoire.
A signaler en revanche, que si en vidéo, l'action me paraissait particulièrement illisible en combat, en jeu, je me suis rendu compte que je ne perdais que très rarement mon perso et que j'arrivais à bien le placer (indispensable pour certaines attaques spéciales et donc pour faire plus mal et donc gagner du temps)

La technique et la musique

Niveau technique, le bilan est plutôt bon pour ma part. Conscient que l'on est sur Switch et n'ayant joué que sur la télé, les persos sont plutôt propres, la distance de vue très convenable, les ennemis plutôt bien modélisés. J'ai trouvé l'aliasing relativement discret (je joue sur une télé 48pouces à 2/3m de distance). On n'échappera pas à quelques textures cracra par ci par là, quelques arbres pas super bien modélisés mais rien de dramatique. Le framerate souffrira également régulièrement, surtout pendant les combats, mais étant semi-automatique, ça ne m'a pas trop dérangé.

Globalement pourtant, le jeu donne une impression de rendu 128bits HDisé, comme un jeu émulé mais en plus propre ou certains remaster PS2 sorti en 1080p sur PS3, notamment sur les protagonistes principaux. Un cran au dessus tout de même, mais clairement pas au niveau de X, même si lui ne tournait qu'en 720p.

Niveau musique, je suis un gros fan de la BO du premier, il m'arrive encore de l'écouter en boucle. Certaines musiques de X étaient plus aptes à diviser, mais dans tous les cas, je leur trouvais une certaine audace et certaines restaient cultes.
Du coup, dans un premier temps, j'ai été un peu déçu par celles de cette épisode et les dizaines d'heures aidant, j'ai appris à oublier celles du passé et à apprécier les nouvelles même si peut-être moins marquantes sur les cinématiques épiques.
Certaines musiques environnementales des titans plus loin dans le jeu sont vraiment réussies.
J'en tire donc un bon bilan sans arriver au niveau de ces prédécesseurs. Une impression de "on a voulu faire comme le premier mais en un peu différent".

Il est où mon chapeau ?

Terminons enfin sur une déception vis à vis des deux premiers, la personnalisation visuelle a disparue. Alors que le premier permettait d'habiller nos personnages comme on l'entendait, avec certaines tenues loufoques mais d'autres bien plus classieuses, alors que X avait un nombre hallucinant d'options de personnalisation, en fonction des stats mais disposant en plus d'un design mode permettant de garder l'apparence de notre armure préférée tout en gardant les statistiques d'une autre armure plus avantageuse, ici le jeu ne proposera que quelques accessoires pour modifier des stats mais sans aucun impact visuel. C'est assez regrettable, c'est une facette de JV que j'affectionne particulièrement.

Conclusion

8Xenoblade Chronicles 2 est selon moi une vraie réussite pour les fans du premier que l'épisode X avait divisé. Un retour aux sources sur de nombreux points, malgré tout, une régression sur d'autres. Quelques éléments un peu fastidieux mais pas à même de gâcher cette longue et belle aventure pour les amateurs du genre, même si selon moi il ne marquera pas comme l'a pu le faire le premier dont il s'inspire beaucoup, parfois même pour le surpasser, mais pas sur des critères essentiels et aussi marquants, sans compter que le premier est sorti 6 ans plus tôt. Il marquera sans doute en revanche ceux qui n'auront pas profité du premier (notamment les allergiques à l'aliasing sur Wii) et qui ne seront pas découragés par le système de combat un peu complexe pour que les combats ne s'éternisent pas trop.


Publié le 25 Janvier 2019 à 10:20 par WinterOfTheWolf
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