Quantum Break

Je ne sais pas vous, mais je n'aime pas avoir un disque rouge dans l'explorateur de Windows 10. Signe que le disque commence à manquer de place. Bon, quand il reste 250Go sur un disque de 3To, ce n'est pas la fin du monde, mais en général, je me mets alors à faire le ménage dans mes jeux vidéo. Et justement, quelques jours avant que je rédige ce ticket, je suis tombé sur Quantum Break, un titre que j'avais récupéré dans un Humble Monthly que j'avais complètement zappé de ma mémoire. 70Go le bougre, il était temps de décider si on y jouait ou si on le nettoyait. J'ai décidé de tenter 1h juste pour lui donner ça chance, après tout, je suis un grand fan du premier Max Payne sorti de la tête de Remedy qui oeuvre sur ce Quantum Break. Je m'attendait à un TPS un peu lambda avec quelques FX et quelques FMV en guise de cinématique ayant un vague souvenir des promesses à la sortie du jeu. 15h plus tard, je regrette sincèrement de ne pas m'y être plongé plus tôt.

Un jeu ou une série ?

Surement inspiré par le succès grandissant de Netflix ou globalement par la montée en puissance des séries, l'idée de départ, de mémoire, était de faire converger la série télé dans un jeu vidéo, de faire un jeu cross-media.De mon coté, je trouve que c'est une "presque" réussite. "Presque" parce qu'au final, ça se résume à 4 épisodes de 30 minutes, c'est un peu light pour une série. En revanche, je l'ai trouvé plutôt bien joué, par un casting de haute volée, bien monté et intéressante, le tout avec un doublage français très convaincant. Quand les passages "séries" débarquaient dans le jeu, je posais le pad et je regardais mon épisode comme si j'étais en train de regarder une série lambda et ça fonctionnait. Pas forcément la plus grande série de la décennie mais ça marchait bien chez moi, j'y ai trouvé de l'intérêt, elle a le bon goût de surtout faire intervenir des protagonistes secondaires à l'histoire, j'ai réussi à m'attacher à certains second roles et il n'y pas à dire, ça rend l'expérience beaucoup plus crédible qu'une cinématique de jeu vidéo. C'est pour cette raison d'ailleurs, que je regrette qu'il n'y en ai pas plus, au final, ça représente 2h sur les 13/14 que m'a pris le jeu.

En tant que jeu vidéo, commençons par signaler quelques bémols, le premier, le jeu chez moi ne me proposait que trois résolutions proche du 720p, je ne sais pas pourquoi. J'ai googlé un peu et j'ai fini par trouver, heureusement rapidement, qu'il fallait éditer un fichier .ini et ça a fonctionné impeccable. Deuxième bémol, avec une GTX1070, le jeu ne tient pas le 60fps tout à fond. Après, j'avoue que sur ce genre de jeu assez lent, je ne suis pas sensible au framerate et j'aurais sans doute pu descendre quelques potard et atteindre un 60fps stable.Une fois ces bémols mis de coté, il faut quand même avouer que techniquement le jeu envoie du lourd. les modélisations, les détails, les visages impressionnants, les effets spéciaux, le contexte qui fait que dans certaines scènes, des pans entier du décor bougent en permanence. Bref, j'ai trouvé ça plutôt impressionnant.

Quelques jolies effets de lumière.

L'histoire

Vous êtes Jack Joyce, votre ami, Paul Serene, vous appelle pour aller lui rendre visite à l'université. Là vous apprenez qu'il a conçu à l'aide de votre frère, William Joyce, une machine à voyager dans le temps. Votre frère n'étant pas très chaud pour tenter l'expérience sur des humains, il vous demande à vous de l'aider à la lancer. Evidemment, vous acceptez, l'expérience tourne mal et là une organisation appelé Monarch débarque pour faire le ménage. Organisation dirigé par... votre ami, qui a pris un vilain coup de vieux dans la tronche.Evidemment, sans organisation plein de sbires qui ont jurés votre peau, difficile de faire un TPS là dessus.Vous en réchappez, sinon le jeu serait un peu court, et vous partez en quête de réparer les dégâts.Paradoxalement, le voyage dans le temps est un scénario de science-fiction assez souvent utilisé, que ça soit au cinéma, dans le jeu vidéo ou dans les séries, alors qu'assez casse-gueule sachant que le spectateur prendra souvent un malin plaisir à y trouver des incohérences et c'est généralement assez facile.Sans tout analyser à la loupe, je suis plutôt satisfait de ce coté là, je n'ai pas trouvé de grosse incohérence incompréhensible, d'autres plus minutieux dans leur analyse en auront peut-être trouvé.La narration est globalement donc plutôt réussie, les textes sont bien écrits, le scénario tient la route avec de chouettes mises en scène, le doublage français de qualité (je l'ai déjà précisé pour la série plus haut, mais il est tout aussi réussi en jeu) et il valait mieux que ça tienne la route pour rester cohérent avec la série qui va avec donc.

Le monde part en couille, le temps s'arrête sans prévenir...

Un TPS lambda ?

J'ai donc pas mal apprécié l'histoire et la série dans l'ensemble, même si trop courte pour cette dernière, mais la plus grosse surprise du jeu viendra du gameplay des échauffourées. Si les premières minutes ressemblent à un TPS à couvert lambda (mise à couvert automatique au passage), on découvre rapidement des pouvoirs temporels pour notre héros qui changent complètement la perception et le plaisir des échanges de coups de feu.On ne joue pas un bête héros avec un flingue, on joue un surhomme qui dispose de tout un tas de possibilité pour raccourcir la durée des combats. Sachant que chaque pouvoir offre un rendu visuel qui déforme plus ou moins l'image ou rajoute une tripotée d'effets spéciaux à l'écran qui modifient le rendu urbain à première vue très classique, mais bien réalisé, beaucoup plus original et au final offre au visuel un cachet très particulier et parfois stupéfiant. Après tout, le jeu sort du même studio que Max Payne.

Les gunfights au rendu bourré de particules et autres FX durant l'utilisation de pouvoirs temporels...

Entre les gunfights ?

Comme beaucoup de TPS un peu plus ambitieux que d'être des bêtes cover-TPS, le jeu a son petit coté action-aventure avec quelques énigmes environnementales çà et là pour avancer. Certaines énigmes profitant justement des pouvoirs particuliers de notre héros capable d'agir sur l'état temporel d'un objet en particulier pour se construire un chemin, comme réparer un pont brisé, pas de quoi concurrencer un jeu de réflexion, mais juste de quoi varier un peu les plaisirs et utiliser un peu plus nos neurones que notre skill.Malheureusement le jeu n'échappera pas à l'écueil récurrent de nombreux cover-TPS du genre, après un peu d'exploration, on tombe souvent sur la salle blindé de zone pour se couvrir, même si c'est avec des choses qui semblent ne rien avoir à faire ici. C'est d'autant plus dommage qu'au final, rester à couvert est rarement garanti de succès dans le jeu car l'IA n'est pas mauvaise du tout. Les ennemis ne se contenteront pas de trouver un couvert et d'attendre que vous tiriez dans leur tête qui dépasse. Il y en aura bien, mais la plupart passent à l'offensive, viennent vous chercher, tentent de vous prendre par le flan, sans compter les grenades, du coup, rester statique est rarement une bonne idée, il vaut mieux utiliser ses pouvoirs pour être mobile et vif.

On aura également dans le jeu tout un tas de collectibles sous la forme de documents, d'emails, etc. de quoi approfondir certains détails de l'histoire et surtout pour certains, les echos quantiques, de quoi augmenter nos capacités. Le tout ressortira à l'affichage grâce à votre vision d'aigle... euh, pardon, votre vision temporelle qui fait ressortir les éléments importants et les ennemis présents voir affiche carrément un petit radar pour dégoter les fameux echos quantiques dont certains vous obligeront parfois à bifurquer du chemin principal pour constater quelques planques pas toujours évidentes pour s'y rendre.Il est d'ailleurs parfois un peu frustrant de ne pas réussir à en trouver un parce que le jeu a décidé de bloquer un éventuel retour en arrière.

Les choix

Autre chose intéressante du jeu, généralement avant chaque épisode de la série, vous jouez momentanément Serene et vous pourrez faire un choix, à vue d’œil, souvent radical pour la suite.Je n'ai pas de mon coté testé différents choix, j'ai pris le partie de vivre une expérience, je n'ai pas envie de me la saccager en changeant le scénario, mais sachez que c'est possible, un bon point pour ceux qui aiment ce genre de chose. D'autant que même si je ne l'ai pas fait, vu la radicalité de certains choix, on se doute que ça modifie partiellement l'épisode qui arrive derrière, autrement la cohérence en prendrait un coup.

Conclusion

Au final, même si ces dernières années les TPS un peu popcorn à faible durée de vie ne sont plus trop ma came (c'est amusant quand on regarde le début de ce blog où j'en critiquais énormément), j'ai vraiment passé un bon moment. Un TPS rafraîchissant dans son gameplay comme dans sa façon de narrer son histoire, un rendu graphique qui en jette le tout pour un réel plaisir de jeu.Je donne un 7 au jeu mais c'est un gros 7, on est à la limite du 8, mais malgré toutes ses qualités, le jeu reste une expérience qui se boucle en 2 jours et dont je doute qu'elle me marque de longs mois, même si j'en garderais surement un meilleur souvenir que les derniers cover-TPS-action-aventure que j'ai fait ces dernières années dont je ne me suis même pas entiché d'une critique tellement ils étaient anecdotiques sorti de leur plastique.

Conclusion

7Quantum Break avait été annoncé comme une expérience nouvelle de convergence, au final, il n'est qu'un très bon TPS dont le scénario est soutenu par une série tout à fait honnête mais un peu courte. Cela dit, c'est déjà pas mal, offrir des rencontres aussi plaisantes et sans donner une trop grande impression de déjà vu étant déjà une franche réussite en soit.


Publié le 23 Février 2019 à 17:00 par WinterOfTheWolf
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