Dragon Quest Builder 2

Je ne sais pas si je vous ai déjà dit, mais dans le jeu vidéo, ma fille et moi avons une passion commune secondaire, construire des choses. En attestent les centaines d'heures passées sur Fallout 4 dont la majorité aura surement servi à me construire d'énormes bases. J'ai d'ailleurs offert quelques emplacements de base assez safe à ma gamine pour qu'elle fasse ses premiers pas d'architecte vidéo-ludique.

Le fait que très jeune elle a accroché aux Legos et que cela constitue la majorité des budgets anniversaires et du père noël a peut-être un peu joué. Il s'agit des premiers moments que nous avons passés ensemble, à construire des foutus châteaux de princesse qui finissaient 2 mois plus tard en morceaux étalés sur le sol parce qu'elles voulaient essayer d'autres choses.

Minecraft fut d'ailleurs un des premiers jeux auquel j'ai joué en multijoueur avec ma gamine, l'acheter une fois sur le Windows Store permettant de s'y adonner en réseau avec un autre PC utilisant le même compte Windows Store, pratique.

Plus tard, ma fille toujours et moi passeront quelques dizaines (centaines ?) d'heures supplémentaires à construire des choses sur Conan Exiles, bien qu'elle n'ait pas 10 ans à l'époque et que le jeu soit PEGI 18, le jeu permettant de masquer très facilement ce qu'un gamin ne doit pas voir, nous passerons ensemble un temps monstrueux à étaler nos construction sur la carte du jeu.
Pour une raison que j'ignore en revanche, elle n'accrochera pas spécialement aux Sims 4.

Mais si la construction est passionnante, sans but, ça finit assez vite par lasser. Dans Fallout 4, il s'agissait d'héberger nos colons et de les protéger des attaques récurrentes du bestiaire du jeu. Dans Conan Exiles, le but était d'avoir tout le nécessaire à crafter un meilleur équipement et à installer de quoi domestiquer quelques esclaves du coin. Dans Minecraft... rien en fait. Crafter un peu, essayer de faire des constructions les plus impressionnantes possibles mais au final, sans réel but et motivation, le tout dans un environnement au final assez moche il faut l'avouer avec ses grossières textures et ses personnages carrés. J'ai ouï dire que Minecraft avait une partie aventure avec une vraie histoire, des boss, etc. Malheureusement, à l'époque elle ne semblait pas disponible sur la version Windows Store du jeu. Et depuis on a jeté l'éponge et aujourd'hui, il y a peu de chance qu'on revienne dessus.

MineCraft avec un scénario

C'est plus ou moins comme ça que fut rapidement perçu la licence, Square Enix se gardant bien de citer le nom de l'inspiration évidente en question.
Vous êtes donc Winter, ou le nom que vous voudrez donner au héros, un petit bonhomme désigné par Toriyama (Dragon Ball, Dragon Quest, etc.), sorte de petit San-Goku, comme le reste des personnages et ennemis, et vous rencontrez Malroth, sorte de petit Vegeta.
Vous, vous aimez construire, lui il aime détruire, vous allez vivre pendant des dizaines d'heures une longue aventure où vous partagerez plein de choses avec votre nouvel ami qui n'est que le premier.

Ça permet d'attaquer directement sur le premier défaut du jeu, le scénario est assez niais, ça ressemble vaguement à un conte pour enfant en bas âge mais à la limite, ce n'est pas dramatique, c'est dommage pour un "Minecraft avec un scénario", mais ça suffit à motiver pour avancer, ce qui est plus problématique, c'est que le jeu est ultra bavard pour le raconter, vraiment bavard, ma fille m'a avoué passer la plupart des textes tellement elle n'en pouvait plus, moi j'aime bien tout lire, je trouve absurde de critiquer l'écriture d'un jeu si on ne se donne pas la peine de la lire. Et il y a vraiment beaucoup de blabla inutiles et de répétitions.

Certains passages devenant absurdes ; l'un de vos personnages se met parfois à entendre des voix. Le jeu vous affiche deux lignes de textes, ce que votre personnage entend et bloque tout pendant des secondes, des dizaines de secondes, parfois la caméra reste libre et permet de tourner autour de notre personnage, parfois non, du coup il m'ai arrivé de croire que ma console avait planté car il ne se passait vraiment rien à l'écran, juste ces 2/3 lignes que j'aurais eu le temps de lire une centaine de fois.

Au final, l'histoire se laissera suivre, elle restera relativement longue en vous emmenant sur différentes îles aider les autochtones du coin mais le but réel ne sera que de faire de vous le meilleur bâtisseur pour pouvoir à la fin exprimer vos envies créatrices sur votre propre île.
La quête principale aura le bon gout de distiller la progression de notre bâtisseur par plusieurs paliers, augmenter la population des villages, apprendre de nouvelles structures de salle, des nouveaux plans, de nouveaux équipements, etc.

Signalons tout de même que contrairement à Minecraft il n'y a pas d'outils différents selon ce que l'on doit récolter. Vous disposez d'un marteau de bâtisseur qui fonctionne aussi bien en hache qu'en pioche et qui ne subit pas l'usure.
Il évoluera cependant progressivement au fil de l'aventure.

Grâce à lui et quelques autres outils bien pratiques, vous allez construire, détruire, récolter, cultiver pendant des heures, à la première ou à la troisième personne. Si de base ce genre de principe ne vous plait pas, vous pouvez passer votre tour et vous êtes déjà bien courageux d'être arrivé jusqu'à cette ligne, à moins que vous n'aviez pas idée de quel type de jeu il s'agit.

C'est un Dragon Quest; il faut des boss...

C'est un Dragon Quest, un RPG du coup ?

Le jeu est effectivement un RPG. Malheureusement, à moins d'avoir loupé quelque chose, la construction ne vous donnera aucun point d'expérience, cela passe par des combats.
Les combats, sans être désagréables, ne sont pas forcément des plus passionnants, en gros on tape et on se barre en courant pour esquiver si nécessaire, on a un bouclier mais il se contente d'augmenter nos statistiques de défense, pas question de contrer ou de bloquer.

Heureusement, le jeu a la bonne idée de vous faire accompagner par un acolyte très motivé pour en découdre en même temps que vous (ou à votre place). Plus tard dans le jeu ils pourront même être plusieurs.
La monté d'expérience se fait au final assez naturellement, chaque niveau gagné augmente soit votre barre de vie, soit votre barre d'endurance, mais le plus intéressant étant que parfois, un niveau vous fait gagner une nouvelle recette d'arme ou d'armure et je reconnais que niveau motivation, ça a matché chez moi.

C'est quand même vraiment plus joli que Minecraft

J'ai choisi de prendre le jeu sur Switch en dématérialisé pour que ma fille en profite également sur sa Switch sans qu'on se batte pour la cartouche et j'ai bien fait vu comment elle est accroc.
Techniquement, le jeu souffre de ralentissements réguliers mais rien de dramatique malgré tout, en tout cas rien qui ne m'a gâché le jeu, je joue principalement sur la télé.
Les plus gros ralentissements viendront de la visite des constructions des autres joueurs qui se sont lâchés sur le nombre d'éléments assemblés et de votre propre partie si vous en faites de même sur votre île.

En dehors de ça, le jeu est tout de même plutôt joli, on n'a pas affaire à des grossières textures comme dans Minacraft, les bords des blocs sont plus ou moins adoucis, ces blocs pour certains sont plus évolués que dans Minecraft, on n'y trouvera pas que des cubes et la variété des textures donne un coté, bien sûr qui reste cubique, mais charmant aux réalisations.

Personnellement, je trouve ça vraiment joli.
Des jolies rendus de la lumière en intérieur

Une potentielle drogue

Malgré les défauts cités plus haut, le jeu s'avère ultra addictif, même après l'histoire principale, il reste quelques défis sur son ile de base et il vient vite l'envie de construire toujours plus, toujours plus haut, toujours plus grand, toujours plus beau, toujours plus détaillé, toujours plus original.
Je joue rarement énormément à des jeux après la fin de l'histoire, si vraiment le jeu me plait, je n'hésite pas à refaire un run mais ce que l'on appelle le endgame me motive rarement personnellement.

Dans le cas du jeu en question, je n'arrive pas à décrocher (j'ai déjà dépassé la centaine d'heures au moment où je rédige cette critique), je lance comme ça et je me retrouve à détruire ce que j'ai fait la veille pour reconstruire des choses en espérant qu'elles soient plus réussies. Je me lance dans des petits projets en apparence et trois heures plus tard je me rend compte que je viens de rogner mon après-midi ou une partie de ma nuit sur des détails que personne ne verra jamais. Même si il venait à l'idée d'un autre joueur de venir visiter mon île (oui c'est possible, même si ce n'est clairement ni très pratique ni très ergonomique).

Etre accroc au jeu au point de reconstruire des chateaux même quand le jeu ne le demand epas.

Conclusion

8Dragon Quest Builder 2 est un Minecraft avec ce qu'il faut d'histoire et de direction artistique pour motiver le joueur. Le jeu est joli, les musiques font le job (sans plus malheureusement), peut-être trop bavard, pas forcément une grande réussite technique, mais une grande réussite ludique notamment pour tous ceux comme moi qui ont besoin de ce petit plus pour motiver la construction. Et la motivation nécessaire peut potentiellement se transformer en addiction incontrôlable et je ne doute pas que même certains réfractaires persuadés de manquer de créativité pourraient se découvrir une passion pour l'architecture. Et comme a dut penser ma mère les 10 premières années de ma vie à chaque fête des mères, il vaut parfois mieux un truc moche qu'on a fait avec ses mains qu'un truc aussi joli que fait par un quidam à l'autre bout de la planète (ou alors, c'est qu'elle aimait vraiment les trucs affreux qu'on fait à l'école et je préfère penser qu'elle était juste hypocrite).

Le Winter's Hotel



P.S.: Merci à Grimault du forum Gamekult pour certains des screens.


Publié le 8 Septembre 2019 à 19:00 par WinterOfTheWolf
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